Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a répondu, jeudi 22 octobre 2026, à la question orale avec débat du sénateur Michel Lingepo Molonga sur la salubrité du milieu humain en République démocratique du Congo. La séance plénière était présidée par Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat.
Cette question, abordée une première fois le 13 octobre, avait suscité les préoccupations de 17 sénateurs. Les sujets soulevés concernaient notamment l’hygiène aux frontières, la qualité de l’eau, la gestion des déchets médicaux et des eaux usées, les nuisances sonores, les animaux errants, les produits pharmaceutiques ainsi que la riposte contre le choléra et Ebola.
Le ministre a souligné que la salubrité constitue une matière transversale qui implique plusieurs ministères et services publics, notamment ceux chargés de l’Environnement, des Ressources hydrauliques, du Commerce extérieur et du contrôle aux frontières. Il a rappelé que son ministère intervient dans l’inspection sanitaire, la surveillance et la prévention des risques, ainsi que dans l’organisation de la riposte aux épidémies.

Parmi les dispositifs existants, Samuel Roger Kamba a cité l’élaboration de normes d’hygiène et de salubrité, des outils de référence sur l’eau et l’hygiène, ainsi que des plans de prévention et de contrôle des infections. Il a toutefois reconnu que les résultats sur le terrain demeurent mitigés, en raison notamment de contraintes financières. Selon lui, le financement des activités des brigades sanitaires est estimé à environ 25 %.
Le ministre a également relevé des difficultés liées à la gestion des déchets, au drainage des eaux, au contrôle de certains emballages plastiques et à la qualité de l’eau consommée. Il a reconnu des faiblesses dans le contrôle des vivres avariés et des médicaments introduits sur le territoire national, et plaidé pour une collaboration renforcée entre les services compétents, dont l’Office congolais de contrôle et la Direction générale des douanes et accises.

Concernant la lutte contre le choléra, il a évoqué les campagnes de vaccination et les interventions sanitaires menées dans les zones concernées. Il a estimé que la durabilité de ces efforts dépend notamment de l’amélioration de l’accès à l’eau potable. Il a aussi mentionné les démarches en cours concernant la régularisation administrative du personnel de santé et la mise à la retraite de 29 000 agents éligibles. Sur la gratuité de la maternité, il a assuré qu’aucune suspension n’était envisagée et que les financements relatifs avaient été mobilisés.
À l’issue des réponses, Michel Lingepo Molonga a recommandé notamment un arrêté interministériel entre la Santé et les Finances, le renforcement de l’éducation civique en matière d’hygiène, l’application des règles de salubrité, le recrutement d’agents des services d’hygiène et la récupération des bureaux appartenant à ces services. Il a aussi demandé la création d’une Task Force, estimant nécessaire de mieux coordonner les interventions et d’obtenir des résultats concrets sur le terrain.

Le sénateur Michel Lingepo
a annoncé son intention d’adresser, la semaine suivante, la même question au Gouvernement afin d’obtenir des précisions sur la coordination des services concernés. Le même jour, les sénateurs ont également adopté le rapport de la commission compétente sur le projet de loi portant ratification de l’ordonnance-loi relative au régime juridique du marché du carbone en RDC.