L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, annoncé le lundi 12 octobre 2026 à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire, fait face aux premières prises de distance de certains cadres de son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Plusieurs responsables, notamment ceux résidant à Kinshasa, annoncent leur départ ou leur désolidarisation.
Le FRN est présenté comme une plateforme structurée autour de plusieurs responsables, dont Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Kaminiki, annoncés comme vice-présidents. Sultani Makenga est, quant à lui, annoncé comme chef d’état-major, avec un rang hiérarchique qui reste à préciser.
Parmi les premières réactions figure celle de Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains, qui a annoncé, dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre, prendre ses distances avec Joseph Kabila. Après une dizaine d’années de collaboration, elle affirme refuser la voie armée et assure n’y être associée « ni de près ni de loin ». Elle entend poursuivre son combat politique dans l’opposition, à Kinshasa et « mains nues », tout en plaidant pour un dialogue « franc, inclusif et constructif ».
Dans un communiqué, Patrick NKANGA Bekonda a également annoncé sa décision de quitter définitivement le PPRD et de mettre fin à ses responsabilités au sein du parti, notamment à celle de rapporteur du Bureau politique. Évoquant des raisons de convenance personnelle, il affirme vouloir prendre du recul afin de définir une nouvelle orientation politique et de contribuer à la construction d’une alternative fondée sur des valeurs patriotiques, pacifiques et républicaines.
De son côté, Allegra Fosh Ngalula a adressé une lettre de démission et de désolidarisation à la présidence nationale et au secrétariat général du PPRD. Avec effet immédiat, elle annonce la fin de son engagement au sein du parti et rejette toute initiative visant à perturber la paix, à déstabiliser les institutions ou à compromettre la sécurité de la population congolaise.
D’autres départs sont également signalés, notamment ceux d’Aristote Ngarime et d’India Omari, présentés comme des cadres ayant pris leurs distances avec Joseph Kabila. D’autres responsables du PPRD pourraient se prononcer dans les prochaines heures, alors que les conséquences politiques de la mise en place du FRN restent à observer.
Ces départs relèvent-ils d’un choix politique fondé sur des convictions personnelles ou sont-ils également liés aux préoccupations sécuritaires de certains cadres vivant à Kinshasa ? À ce stade, les motivations ne peuvent être établies de manière générale. Les prochaines déclarations des intéressés permettront d’en savoir davantage sur les raisons de ces ruptures et sur leur portée au sein du PPRD.