Azarias Ruberwa rejette les accusations présentant l’actuelle Constitution congolaise comme le résultat d’une manipulation étrangère. Lors de son intervention dans un Space sur X, jeudi 20 août 2026, l’ancien vice-président a rappelé que le texte avait suivi l’ensemble du processus institutionnel avant son adoption par référendum.
Il a cité notamment son examen par le Sénat et l’Assemblée nationale, ainsi que l’implication des différentes institutions et composantes de la transition. « Tout le monde a été envoyé pour aller faire la propagande. Moi, j’ai été à Bunia (…) », a-t-il rappelé, soulignant avoir personnellement participé à la campagne en faveur de l’adoption du texte.
À l’époque, a-t-il expliqué, il défendait notamment les avantages d’une décentralisation approfondie, censée permettre aux provinces et aux communautés locales de tirer davantage profit de leurs ressources naturelles. Il juge dès lors « malhonnête » le discours présentant aujourd’hui cette Constitution comme un mensonge imposé de l’extérieur.
Azarias Ruberwa reproche également à certains responsables politiques de réclamer le remplacement d’un texte dont ils avaient pourtant soutenu l’adoption. Selon lui, plusieurs de ces acteurs continuent à bénéficier des institutions, des fonctions et des garanties établies par cette même Constitution.
L’ancien vice-président s’en est aussi pris à Martin Fayulu au sujet de ses déclarations sur les Banyamulenge. Il a qualifié les propos de l’opposant de « scandaleux » et de « honteux », avant de lui demander de les retirer. « C’est une insulte », a-t-il déclaré, estimant que Martin Fayulu méconnaît la législation congolaise sur la nationalité ainsi que l’histoire du pays.
Ruberwa invite ainsi le président de l’ECiDé à mesurer la portée politique et sociale de ses déclarations, sous peine, selon lui, « d’être jugé par l’histoire ». Cette controverse ravive un débat particulièrement sensible en RDC, où les questions d’identité, de nationalité et d’appartenance communautaire demeurent étroitement liées aux tensions politiques et sécuritaires dans l’Est du pays.