Le dialogue politique envisagé en République démocratique du Congo devrait prendre une nouvelle orientation, différente des schémas jusque-là proposés par le pouvoir et les confessions religieuses. Selon le pasteur Éric Nsenga, porte-parole de l’Église du Christ au Congo (ECC), le processus en préparation devrait résulter d’un rapprochement entre les différentes approches afin d’aboutir à un dialogue national et inclusif.
Revenant sur les déclarations du président Félix Tshisekedi, Éric Nsenga dit avoir retenu trois éléments essentiels : l’engagement du Chef de l’État à ouvrir un dialogue, le caractère national et inclusif de celui-ci, ainsi que la possibilité d’y aborder « toutes les questions d’intérêt national » avec la participation des « fils et des filles du pays ». Interrogé sur la nature du processus, il s’est montré catégorique : « Il doit être inclusif. Et nous insistons : inclusif. »
Selon le porte-parole de l’ECC, le format actuellement envisagé serait le résultat d’un « mixage » entre l’approche institutionnelle initialement privilégiée par Félix Tshisekedi et celle portée par la CENCO, qui n’avait jusque-là pas obtenu l’adhésion des institutions. Cette évolution donnerait naissance à un « nouveau paradigme » qui ne serait exclusivement ni le dialogue du Président de la République ni celui de la CENCO, mais un processus construit conjointement.
Éric Nsenga insiste également sur le fait que cette initiative ne doit pas être considérée comme appartenant personnellement au Chef de l’État.
« Ce dialogue ne doit pas être considéré comme un processus propre au président Félix Tshisekedi. Il nous appartient à tous. Le Chef de l’État dispose simplement des prérogatives constitutionnelles qui lui permettent de convoquer le dialogue », a-t-il déclaré, présentant ainsi les discussions à venir comme une démarche d’intérêt national.
Concernant une éventuelle participation des acteurs engagés dans une lutte armée, le porte-parole de l’ECC estime que l’adhésion à un processus de paix doit nécessairement s’accompagner d’un renoncement à l’option militaire. « Vous ne pouvez pas vous engager dans un schéma de paix et, en même temps, continuer dans la logique de la guerre », a-t-il prévenu. Pour lui, la volonté de participer au dialogue suppose donc une prise de distance claire avec la poursuite des hostilités.
Le pasteur Éric Nsenga est également revenu sur l’audience du 17 juillet avec Félix Tshisekedi. Selon lui, cette rencontre a permis de dissiper des incompréhensions qui entravaient les rapports entre les Églises et le pouvoir autour de la question du dialogue. Il évoque une forme de « restauration » ayant permis aux deux parties de reconnaître la nécessité de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de leurs divergences.
Quant à la plateforme Sauvons la RDC, qui n’a pas encore été approchée, Éric Nsenga affirme qu’une feuille de route est en cours d’élaboration et que les différents acteurs seront progressivement associés aux démarches. Appelant à ne pas adopter une « posture d’exclusion », il soutient que le dialogue ne doit être considéré ni comme celui des Églises ni comme celui d’un camp politique, mais comme « le processus de la nation », nécessitant un « sursaut patriotique » de l’ensemble des parties prenantes.