L’opposant Martin Fayulu a réaffirmé son attachement au dialogue politique, tout en estimant que celui-ci doit permettre de résoudre la crise que traverse la République démocratique du Congo. Intervenant lors d’un Live Space sur X, il a soutenu que les crises politiques ne peuvent être résolues que par la concertation entre les différentes parties prenantes.
« C’est le mode opératoire dans toute organisation humaine. Là où les humains sont, quand il y a une crise, il n’y a pas d’autre moyen de résoudre cette crise : les gens doivent se parler », a déclaré Martin Fayulu. Selon lui, la loi référendaire constitue « une crise supplémentaire que monsieur Tshisekedi est venu nous imposer ». Il a rappelé que son camp avait accepté que le chef de l’État poursuive son mandat jusqu’en 2028 « malgré l’usurpation de pouvoir », mais affirme désormais réclamer sa démission en raison de son projet de révision constitutionnelle. « Demain, s’il décide de retirer, même pas toute la loi mais les dispositions qui font défaut, le dialogue est toujours nécessaire », a-t-il ajouté.
L’opposant a également expliqué que le dialogue ne devrait pas se limiter aux questions institutionnelles.
« Le dialogue a pour objectif principal d’analyser les causes profondes, structurelles, internes et externes de la crise congolaise, afin d’apporter ensemble des solutions pour que le pays aille de l’avant », a-t-il affirmé. Évoquant l’insécurité dans l’est du pays, il s’est interrogé : « Si l’annonce qu’il ne va pas se présenter tombe, est-ce que pour autant la guerre sera terminée ? Non. Est-ce que Museveni a renoncé à mettre la main sur les richesses de l’Ituri ? Les ADF, c’est quoi exactement ? Pourquoi ils tuent chez nous, et ne vont pas tuer en Ouganda ? »
Martin Fayulu a par ailleurs accusé le pouvoir de mener des discussions indirectes avec l’AFC/M23 dans le cadre du processus de Doha.
« Sachez que Tshisekedi et Kagame discutent, même par personnes interposées, c’est-à-dire l’AFC et le M23, à Doha. Le binôme Tshisekedi-gouvernement d’un côté, AFC-M23 de l’autre, discutent, trouvent un compromis, et les deux camps viennent l’imposer à l’opposition congolaise et à la société civile congolaise », a-t-il soutenu, sans apporter d’éléments de preuve à cette affirmation.
Revenant sur la question de la légitimité du président de la République, Martin Fayulu a maintenu sa position. « S’il est légal, c’est parce que la Cour constitutionnelle, qui est dans notre Constitution reconnue, l’a reconnu. C’est comme ça que nous disons qu’il est légal. Mais par rapport au peuple, il n’est pas légitime », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi sa contestation des résultats de l’élection présidentielle.